Les origines

Créée voici 30 ans, l’Humanitude est une petite révolution dans le monde de la gériatrie, du handicap et du soin. Inventée par deux anciens professeurs d’éducation physique et sportive, Yves Gineste et Rosette Marescotti, cette méthode propose une autre approche des soins dispensés aux personnes fragilisées (âgées, handicapées…). Le but : les réhabiliter dans leur dignité et améliorer les relations entre patients et soignants.

 

Si l’on a fini par admettre que le bébé était une personne à part entière, il reste encore un long chemin à parcourir pour les plus âgés  et fragilisés d’entre nous, souvent affaiblis et parfois mal considérés, voire maltraités. L’humanitude fait partie des méthodes utiles pour une meilleure considération des personnes  et de leurs besoins.

Un regard déshumanisé sur les personnes âgées et fragilisées

Tout ce qui construit l’être humain dès son plus jeune âge – le regard, la parole, le geste tendre – est trop fréquemment refusé aux personnes âgées. « Celles-ci ne reçoivent en moyenne que 100 à 120 secondes de paroles par jour et 10 secondes de regards », constate Yves Gineste. « Et encore : il s’agit de regards balayeurs, qui ne fixent pas mais réduisent au néant ».

Certaines personnes se replient alors sur elles-mêmes et deviennent grabataires, tandis que les autres peuvent adopter des comportements de résistance ou d’agressivité. Forts de ce constat, Yves Gineste et Rosette Marescotti, ont créé une méthode de soin : l’Humanitude. « Il ne s’agit pas seulement de traiter les personnes âgées avec humanité, » explique Rosette Marescotti, » mais de les réhabiliter dans ce qu’elles possèdent de typiquement humain ».

Les quatre piliers de l’Humanitude

Cette méthode de soin repose sur un changement global de comportement des soignants :

  • Le regard  : Il doit s’échanger face à face, les yeux dans les yeux, à hauteur du visage ;
  • La parole  : Elle doit annoncer et expliquer chaque geste ;
  • Le toucher  : Il s’agit de transformer le « toucher utile » en « toucher tendresse » ;
  • La verticalité  : Exit les toilettes effectuées au lit et les patients qui ne quittent plus leur matelas. Pour Yves Gineste et Rosette Marescotti, une personne âgée correctement accompagnée peut et doit vivre debout. La verticalité est l’une des caractéristiques qui nous distingue des animaux, d’où l’importance de lever la personne.

L’indispensable individualisation des soins

Une fois les bases acquises, le soignant doit s’adapter à chaque patient. Plus question alors de timing. Le  soignant intervient lorsque la personne le souhaite. Il est davantage à l’écoute de ses désirs et des besoins. Il  apprend à connaître son histoire. « Cela ne demande pas davantage de temps », souligne Yves Gineste, « car même si l’on prend 30 ou 40 secondes pour faire des préliminaires aux soins, on se trouve  ensuite devant  quelqu’un dont il est extrêmement facile de s’occuper ».

 

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